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LE SPORT ET LE DOPAGE

1  INTRODUCTION

Dopage, usage, souvent illicite, de substances ou de procédés particuliers dans le but d’améliorer une performance ou une résistance à l’effort. La notion de dopage humain est souvent évoquée à propos de la pratique du sport. Parce que l’usage de produits dopants porte atteinte à l’éthique sportive et met en danger la santé, voire la vie, de l’athlète qui y recourt, de nombreuses instances nationales et internationales (les fédérations sportives essentiellement) ont pris des mesures préventives, notamment la rédaction de listes de produits interdits, qui varient cependant d’un pays à l’autre et d’une fédération à l’autre. Le Comité international olympique (CIO) a par ailleurs proposé, outre une harmonisation des règlements et des catégories des produits dopants, un «code antidopage» entré en vigueur le 1er janvier 2000 et qui définit le dopage comme contraire aux principes de l’olympisme et en interdit en conséquence la pratique.

2  LES DIFFÉRENTS TYPES DE PRODUITS DOPANTS

2.1  Les substances interdites
Il existe cinq classes de substances interdites : les stimulants, les narcotiques, les stéroïdes anabolisants, les diurétiques et les hormones peptidiques et glycoprotéiniques.

2.1.1  Les stimulants
Les stimulants, tels que les amphétamines, la caféine (en excès), la cocaïne, ou l’éphédrine sont utilisés parce qu’ils induisent une sensation d’euphorie, un sentiment exacerbé d’invulnérabilité et de confiance en soi, et permettent de ne pas ressentir les effets de la fatigue. Cependant, avec la disparition des signes d’alarme naturels, tels que la fatigue ou la faim, l’athlète dopé court le risque de dépasser parfois gravement ses limites physiologiques. Les stimulants sont tous des drogues induisant une dépendance rapide, pouvant conduire l’athlète à la toxicomanie. À court terme, ils peuvent provoquer des accidents cardiaques et respiratoires.

2.1.2  Les narcotiques
Les narcotiques, tels que l’héroïne, la méthadone et la morphine sont essentiellement utilisés pour leur action contre la douleur. Ce sont cependant des drogues induisant, elles aussi, une dépendance rapide. À court terme, les risques d’accidents cardiaques ou respiratoires dus à une overdose sont, là encore, très importants.

2.1.3  Les anabolisants
Les anabolisants, tels que la nandrolone ou la testostérone, sont des substances de synthèse proches de la testostérone effectivement fabriquée par l’Homme. Ils entraînent les mêmes effets, soit une augmentation de la masse et de la puissance musculaire et une agressivité et une confiance en soi accrues. À long terme, ils provoquent chez les femmes une masculinisation irréversible, et chez les athlètes des deux sexes des troubles de l’humeur et du désir sexuel, des risques accrus d’accidents musculaires, ainsi qu’une détérioration irréversible des fonctions d’élimination du foie. Les anabolisants sont parfois difficiles à dépister, puisqu’il faut être en mesure de discerner, dans les urines ou le sang, les substances exogènes (ingérées ou injectées) des substances endogènes (fabriquées par le corps humain).

2.1.4  Les diurétiques
Les diurétiques, en clarifiant les urines de l’athlète, ont pour principal intérêt de masquer la présence d’autres produits dopants. Pour les sports utilisant des catégories de poids, ils permettent, en outre, de favoriser les pertes hydriques et donc d’accélérer la perte de poids. Pris régulièrement ou en quantités trop importantes, les diurétiques peuvent provoquer de graves crises d’hypotension (voir tension artérielle), ainsi que des pertes hydriques massives induisant un état de choc.

2.1.5  Les hormones peptidiques et glycoprotéiniques
Les hormones peptidiques et glycoprotéiniques, telles que les gonadotrophines, l’hormone de croissance, l’insuline ou l’érythropoïétine (EPO) ont des actions variées. Produites par le corps humain, leur apport exogène est difficile à mettre en évidence. L’hormone de croissance, qui permet une augmentation massive et rapide de la masse musculaire, est pratiquement indétectable. Ses effets secondaires sont très destructeurs : tumeurs cancéreuses, stérilité, troubles psychiatriques, etc. L’EPO, qui agit sur la capacité du sang à transporter l’oxygène vers les muscles, est largement utilisée dans les sports d’endurance, en particulier le cyclisme. La prise d’EPO n’est pas détectable dans l’urine et sa mise en évidence dans le sang est possible, mais coûteuse et complexe. Le contrôle d’hématocrite proposé en 1997 à l’occasion des grandes compétitions de cyclisme reste assez aléatoire ; en instituant un taux « maximal » (50 p. 100), cette mesure semble également inciter les coureurs à adopter une conduite dopante — certes contrôlée — quasiment autorisée. Seuls le contrôle longitudinal des constantes biologiques de l’athlète (contrôles sanguins réguliers effectués tout au long de l’année) ou la découverte, d’ailleurs annoncée, d’un dosage efficace de l’EPO exogène dans les urines pourraient avoir un réel effet dissuasif sur la prise de telles substances.

2.2  Les méthodes interdites
Le dopage sanguin, qui consiste en une autotransfusion, juste avant la compétition, de sang prélevé au cours des semaines précédentes, est interdit. Cette méthode permet l’augmentation de la concentration sanguine en globules rouges, une meilleure oxygénation des muscles et des organes et donc une endurance accrue. Elle entraîne cependant une modification de la viscosité sanguine et donc des risques importants d’accident cardio-vasculaire (voir maladies cardio-vasculaires).

L’entraînement en altitude et le séjour en caisson hyperbare (où la pression est supérieure à la pression atmosphérique) provoquent des effets similaires, quoique moins spectaculaires. La première méthode est bien entendu autorisée, tandis que la seconde est formellement interdite, même si les fraudes sont bien difficiles à détecter. Au-delà du problème du dépistage, ce point précis met en lumière la limite parfois très floue qui existe entre un entraînement (trop ?) bien conduit et une conduite dopante.

De même, toutes les manipulations pharmacologiques, chimiques ou physiques permettant de modifier l’état des échantillons d’urine sont prohibées. Il est, par exemple, interdit de se soumettre avant le contrôle à une perfusion massive de liquide physiologique destinée à clarifier les urines et à modifier la concentration dans le sang et les urines d’éventuels produits dopants.

2.3  Les substances soumises à certaines restrictions
Certaines substances, telles que les anesthésiques locaux, les corticoïdes et les bêtabloquants, sont autorisées, mais leur utilisation doit être motivée par l’état de santé de l’athlète. L’alcool et la marijuana ne sont pas interdits en tant que tels, mais leur usage est généralement réprouvé par les fédérations sportives

L’usage de ces substances soumises à restriction pose souvent la question du suivi médical de l’athlète et de ses limites. Faut-il par exemple, comme c’est le cas aujourd’hui, autoriser un athlète blessé à poursuivre une compétition en recevant une injection intra-articulaire de produits anesthésiques ou de corticoïdes, au risque de voir ses lésions s’aggraver ? Ou faut-il lui interdire l’accès à des soins permettant de le soulager tant qu’il n’a pas cessé l’épreuve dans laquelle il est engagé ?

3  PRÉVENTION ET CONTRÔLE DU DOPAGE

3.1  Les analyses urinaire et sanguine
Les contrôles anti-dopage se fondent essentiellement sur l’analyse des urines. Cette méthode a prouvé son efficacité dans la détection des substances exogènes que le corps humain n’est pas capable de synthétiser. Cependant, l’analyse des urines n’est pas toujours fiable : l’usage des diurétiques, ou de certaines autres substances, permet de masquer la prise de molécules beaucoup moins anodines, et il existe de nombreuses manipulations possibles, telles que l’échange, la dilution ou la dissimulation d’urines, qui permettent d’échapper au contrôle.

Dans le cas de dopage sanguin ou de prise de molécules déjà présentes dans le corps humain, l’analyse des urines se révèle souvent inefficace. Lorsque la discrimination entre substances présentes naturellement et substances apportées artificiellement est impossible, toutes les analyses, d’urine comme de sang, se révèlent inefficaces. Il est toujours possible de fixer artificiellement des seuils considérés comme « normaux », toutefois cette pratique revient souvent à instaurer une sorte de dopage « légal ». Enfin, rien n’empêche l’athlète d’utiliser une substance tout juste issue de la recherche, non encore classée parmi les produits interdits et donc non encore recherchée.

3.2  La prévention
Pour lutter plus efficacement contre le dopage, et prévenir les conduites dopantes, en particulier chez les jeunes sportifs, le ministère de la Jeunesse et des Sports a entamé une vaste campagne de prévention, insistant à la fois sur l’aspect amoral du dopage, les dangers physiques et les sanctions de plus en plus sévères encourus. Les contrôles sont désormais systématiques lors des grandes compétitions, et leur encadrement de plus en plus sévère. Des tests inopinés sont également effectués régulièrement dans les grands clubs et au cours des entraînements. Enfin, une loi, promulguée en mars 1999, rend obligatoire le suivi médical de tous les sportifs, instaure et encadre le suivi biologique des athlètes de haut niveau, précise les contours de la justification thérapeutique des substances soumises à certaines restrictions, et incite les fédérations à alléger les calendriers sportifs.

4  HISTOIRE DU DOPAGE

Aucun être humain, qu’il soit sportif ou non, n’échappe à la recherche constante d’une meilleure performance, et donc à son corollaire, la tentation du dopage qui, tous moyens et tous objectifs confondus, est donc aussi ancien que l’humanité.

4.1  L’Antiquité
Dans l’Antiquité déjà, les athlètes des premiers jeux Olympiens se passent « sous le manteau » d’étranges recettes à base de viande de chèvre, de sang de taureau ou de décoctions de plantes, censées renforcer les muscles et revitaliser le sang. Aucun pays du monde n’échappe au phénomène : les Chinois notamment consomment d’importantes quantités de ginseng, tandis que les Indiens d’Amérique du Sud, qui doivent affronter le froid et l’altitude, mastiquent tout au long de la journée des feuilles de coca.

4.2  Le début du xxe siècle
Au début du xxe siècle, le sport de masse à peine né possède déjà ses apprentis-sorciers. Les premiers touchés sont les sports populaires tels que le cyclisme, l’athlétisme ou la boxe, qui connaissent leurs premiers accidents, parfois mortels, lorsque des soigneurs inventifs et peu scrupuleux tentent d’appliquer aux athlètes des recettes venues du monde hippique ou inventent des « potions magiques » comme l’American coffee, mélange de noix de cola, de caféine, de strychnine et d’arsenic. L’abandon des frères Francis et Henri Pélissier au cours du Tour de France cycliste de 1924 inspire au journaliste Albert Londres un article resté célèbre intitulé « les Forçats de la route », dans lequel il dénonce l’usage devenu intensif de la cocaïne, du chloroforme et de tous les autres médicaments de la pharmacopée alors en usage. D’autres morts surviennent, en boxe et en football professionnel notamment, sans toutefois défrayer véritablement la chronique.

4.3  La Seconde Guerre mondiale et ses conséquences
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant décisif dans l’histoire du dopage. L’« effort de guerre » stimule le travail des laboratoires des puissances de l’Axe comme de ceux des Alliés, dans tous les domaines ; il s’agit de découvrir de nouveaux moyens, plus efficaces, de soigner les blessés, d’aider les soldats à soulager leurs souffrances et à retrouver leurs moyens. La paix revenue, les athlètes comprennent d’emblée l’usage qu’ils peuvent faire de ces substances, tandis que les progrès rapides de la médecine et des sciences du sport — physiologie, biomécanique, programmation de l’entraînement, diététique sportive, etc. — orientent la pratique sportive dans son ensemble vers les laboratoires : le « pot belge » — mélange de caféine, cocaïne, amphétamines, morphine, etc. — remplace l’American coffee, tandis qu’au dopage occasionnel succède un dopage plus régulier, mieux programmé, organisé en fonction des échéances du calendrier sportif et, bientôt, capable d’échapper aux contrôles.

4.4  Les années soixante : les premières lois, les premières « réticences »
Dans les années 1950-1960, le dopage se répand rapidement, provoquant de nombreux accidents. Après plusieurs décès, une première loi interdisant le dopage et fixant les moyens de sa répression est promulguée en France en 1965. Les premiers contrôles ont lieu l’année suivante, sur le Tour de France, et provoquent un mouvement de grève parmi les coureurs. Pourtant, ces mesures n’empêchent pas le décès de Tom Simpson le 13 juillet 1967, pendant le Tour de France, sur les pentes du mont Ventoux. Les médias s’emparent de l’affaire et alertent l’opinion publique, tandis qu’une enquête révèle l’ampleur d’un phénomène qui touche désormais tous les grands sports populaires : le Comité international olympique réagit en créant une commission médicale destinée à « défendre la morale, protéger la santé des athlètes, et donner à tous des chances égales ».

Entre les athlètes et les laboratoires de dépistage s’ouvre une guerre ouverte dans laquelle les premiers ont généralement une bonne longueur d’avance sur les seconds, qui ne sont pas toujours dotés des moyens nécessaires à leurs travaux. Le sport est désormais une véritable industrie, dont l’impact politique et économique est loin d’être négligeable. Dans les pays du bloc soviétique, les athlètes et les victoires sportives sont ainsi mis au service de la guerre froide et de la propagande. S’organise alors un programme de dopage systématique touchant toutes les disciplines et toutes les tranches d’âge. Dans les autres pays, le sport n’échappe pas non plus aux compromissions de toutes sortes.

4.5 Prise de conscience et polémiques autour de la mobilisation contre le dopage (1990-2000)

4.5.1  La prise de conscience d’un phénomène ancien et omniprésent
La disqualification de Ben Johnson après sa victoire (et un ahurissant record du monde pour l’époque) dans le 100 m des jeux Olympiques de Séoul en 1988 pour utilisation de stéroïdes anabolisants jette une nouvelle fois le discrédit sur le sport de haut niveau. Il faut cependant attendre encore une décennie pour que les différentes affaires de dopage de la fin des années quatre-vingt dix provoquent la mobilisation générale des instances gouvernementales et sportives, en particulier en France. En octobre 1997 en effet, six athlètes français, parmi lesquels plusieurs footballeurs professionnels et un judoka, sont reconnus positifs à la nandrolone (l’un des anabolisants les plus courants et les plus utilisés actuellement, très facile à détecter, mais fiable et bon marché). Une polémique éclate aussitôt, incriminant aussi bien un éventuel abaissement des seuils que la fiabilité des laboratoires, la présence éventuelle de nandrolone dans l’alimentation, la possibilité d’une sécrétion endogène, etc.

4.5.2  Un cas exemplaire : le cyclisme
Quelques mois plus tard, trois jours avant le départ du Tour de France 1998, un soigneur de l’équipe Festina est arrêté en possession d’un arsenal impressionnant de drogues diverses (EPO, amphétamines, etc.). L’enquête et les aveux des coureurs révèlent l’ampleur d’un phénomène qui apparaît aux yeux du grand public non plus comme un acte isolé, mais comme une pratique organisée : les coureurs cyclistes interrogés parlent même d’une « culture du dopage » qui existerait dans le cyclisme, ainsi que dans différents autres sports professionnels depuis plusieurs dizaines d’années. En octobre 1998, le président du comité olympique italien Mario Pescante et le président de la commission antidopage de l’Union cycliste internationale Francesco Conconi sont mis en examen pour exercice illégal de la médecine, et le coureur italien Marco Pantani est disqualifié à l’arrivée de l’édition 1998 du Tour d’Italie.

4.5.3  Les attitudes divergentes face au dopage
Le dopage est désormais reconnu comme une pratique organisée, qui n’épargne aucun sport et qui touche des sportifs de tous niveaux, souvent de plus en plus jeunes. Les opinions divergent considérablement quant à l’attitude à adopter devant le dopage massif tel qu’il semble être pratiqué dans le sport moderne. Certains, dont les dirigeants de différentes instances fédérales, associatives ou gouvernementales, considérant que la conduite dopante de l’athlète ne diffère pas fondamentalement de celle du cadre dynamique et que le sport de haut niveau génère des fragilités et des déficits qu’il faut compenser, proposent de réduire le nombre de produits interdits, voire même de légaliser le dopage, sous contrôle médical.

Cependant, ceux qui refusent de céder à la pression des sponsors, des médias et des athlètes eux-mêmes, militent au contraire pour le durcissement des règles actuelles et pour l’adaptation des calendriers sportifs, dans le but de faire prévaloir la santé publique bien sûr, mais aussi — et surtout — certaines valeurs éthiques : le sport de masse, dont le sport de haut niveau est l’indispensable vitrine, constitue en effet aujourd’hui encore un formidable vecteur de valeurs positives, telles que l’épanouissement personnel, le dépassement de soi, mais aussi l’intégration, la citoyenneté, etc. ; les médailles font en outre encore rêver, et parfois plus que l’argent. Pour protéger cet état d’esprit et les valeurs véhiculées par le sport, le sport de haut niveau, selon ces adeptes d’une réaction à l’échelle internationale à la fois ferme et symbolique, doit rester juste et propre afin que chaque champion puisse demeurer un symbole et un exemple légitime, malgré les dangers du « sport-business » et du sport-spectacle.